12/09/2005

La supériorité de la langue belge sur la langue française

La supériorité de la langue belge sur la langue française n'est sans doute plus à démontrer. Je voudrais cependant en citer l'un des exemples les plus frappants en guise de prologue à une anecdote que je m'en vais vous narrer. Chez nos amis français, une porte comporte trois positions principales: fermée, ouverte et entr'ouverte. Chez nous, gens d'ici, la même porte en comporte quatre: fermée, ouverte, entr'ouverte et "contre". "Laisse la porte contre!" est une expression qu'aucun gosier d'outre-Quiévrain ne prononce. Et pourtant, elle dit si bien ce que ça veut dire, car cette position existe (la porte touche le chambranle sans y être poussée) mais aucun mot de la langue de Molière ne l'exprime. Je pensais à cela, l'autre jour, en sortant d'un rendez-vous. Au moment où je quittais le bureau du directeur, traversant celui de la secrétaire que je saluai au passage, la dame me demanda, si cela ne me dérangeait pas, de bien fermer la porte en sortant, ce dont je m'acquittai avec application. À peine avais-je lâché la clenche, qu'un type frappa à la même porte, à travers laquelle j'entendis la voix de la dame crier "Entrez! C'est ouvert!". Pourquoi disait-elle que c'était ouvert puisque je venais de fermer? Et pourtant, elle avait raison. Il aurait été stupide qu'elle dise "Entrez! C'est fermé!". C'est à ce moment que j'ai compris qu'une porte pouvait parfaitement être ouverte tout en étant fermée. Et le jour où on comprend ça, on fait un grand pas dans sa tête.

 

Source : Victor (Le Soir) 10/09/2005 – La page du Chat de Philippe Geluck [www.geluk.com]

18:00 Écrit par C'est bon, je poste. dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : philippe geluck, le chat, belgicisme |  Facebook |

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