21/12/2007

L’emmerdeur

L'emmerdeur - Francis Veber - Daniel HanssensVu ce soir.

 

L’emmerdeur, le film : oui !

L’emmerdeur, la pièce, bof.

Il faut reconnaître que les deux comédiens principaux jouent bien. Un paquet de dialogues bien rendus, sans temps mort ; Ca va et ça vient dans tous les sens. Pour les autres, c’est plus délicats : dialogue hésitants, récités ou trop grimaçants ; peu crédibles.

Les deux chambres sont séparées par un mur virtuel. L’idée est simple mais bonne. Les fenêtres donnent sur un décor qui repousse les limites de la scène.

Le problème est que pour accrocher le public, la mise en scène glisse dangereusement vers le vaudeville. Là où le film était léger et profond, la pièce contient lourdeurs et tape-à-l’œil. Un exemple parmi d’autres : les deux têtes d’affiche se chevauchent à plusieurs reprises, histoire de bien enfoncer le clou des situations ambiguës. Le public semble se régaler ; moi, je ris nerveusement.

Enfin, il y a la salle. Le Wolubilis n’a aucune âme. Perdue en bordure de ville, ce complexe archi-moderne a tout à envier à l’ambiance feutrée des vielles salles de théâtre en centre-ville. Les murs de la salle sont blancs, histoire d’ajouter un peu de froideur à l’ensemble.

Je n’en garderai pas un souvenir puissant, c’est sûr. Je recherche un peu plus de profondeur lorsque je me déplace au théâtre.

 

23:00 Écrit par C'est bon, je poste. dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : brel, comedie, francois pignon, veber, ventura, daniel hanssens |  Facebook |

17/12/2007

Tristan et Yseut

Tristan et YseutLes Baladins du Miroir.

Mise en scène de Nele Paxinou.

Texte de Paul Emond.

 

Les Baladins du Miroir exhument ce mythe magnifique aux accents gaéliques du fond d'un Moyen Âge brumeux. Une vraie réussite. On est pris par ce récit féerique, poétique et prosaïque à la fois.

 

Rappel des faits: l'intrigue se noue au cœur du pays des Cornouailles, dans le sud-ouest de la Grande-Bretagne. Une hirondelle apporte un jour un cheveu couleur d'or au roi Marc qui charge son neveu de retrouver la propriétaire d'une telle chevelure. Sur les traces de la belle, Tristan est mortellement blessé, mais finalement sauvé par une jeune femme en qui il reconnaîtra la promise du Roi. C'aurait pu être « mission accomplie » si les deux Jeunes gens n'avaient bu le philtre censé provoquer l'amour d'Yseut pour le monarque ...

 

Nele Paxinou nous livre là une mise en scène audacieuse, s'offrant même quelques prouesses d'ingénierie scénique: des « deus ex machina » sous forme de dragon à combattre ou de navire à maîtriser sur une mer déchaînée surgissent à points nommés. Une scénographie inventive encore grâce au plateau tournant permettant de passer ainsi d'un lieu à l'autre, de l'Irlande aux Cornouailles. Des costumes flamboyants à dorures et lanières de cuir habillent la petite quinzaine d'artistes sur scène. Sous la toile du chapiteau, on fait un véritable bon en arrière à travers les siècles.

 

Ce spectacle que j’ai voulu découvrir, car j’aime beaucoup Les Baladins du miroir, m’a transporté pour sa mise en scène éblouissante. Imaginez un chapiteau forain tout en couleurs, plein à craquer, nous protégeant de la furie du ciel, déchaîné ce soir-là, des centaines de pairs d’yeux rivés sur la scène où comédiens s’animent pour notre plus grand plaisir, une narratrice aux allures de princesse et à la subtile légèreté ne laissant aucun temps mort, des musiciens pour ravir nos oreilles, les costumes aux dominances vertes plus beaux les uns que les autres : tout était réuni pour le succès.

S’il n’y avait eu les éléments déchaînés au dehors pour nous rappeler par deux fois et pendant cinq minutes que la voix humaine est peu de chose, cela aurait été parfait.

 

Bravo à ces Baladins merveilleux et envoûtants. Leur tournée belge s’achève ce samedi 22 décembre à Liège. Courez les voir, s’il est encore temps.

 

En savoir plus : http://www.lesbaladins.be/

11:10 Écrit par C'est bon, je poste. dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |